Hausser le ton suffira-t-il?

Quelques clés bien sonores pour mieux comprendre ce qui bouscule l'actualité internationale.

Sans frontières ni passeports
2 min ⋅ 07/04/2024

Six mois se sont écoulés depuis l’attaque surprise du Hamas, le 7 octobre 2023. Plus de 1,100 Israéliens ont été tués; plus d’une centaine seraient encore otages dans la bande de Gaza. Plus de 33,000 Palestiniens ont été tué par l’armée israélienne, qui cherche toujours à “éradiquer le Hamas” dans l’enclave.

L’assassinat de 7 travailleurs humanitaires lors de frappes aériennes lundi dans la bande de Gaza a provoqué toute une secousse qui pourrait marquer un point tournant dans le conflit. Elle offre une autre preuve, s’il en fallait, qu'Israël ne peut accomplir ses objectifs militaires sans infliger d’importantes pertes civiles.

“Joe Biden menace carrément de changer la politique à l’égard d’israël si le massacre se poursuit”, explique François Brousseau. L’analyste évoque un changement de ton soulignant, qu’en public du moins, Washington se refuse à utiliser son seul véritable levier: la livraison d’armes américaines à l’État hébreu.

Un Palestinien blessé en tentant de récupérer de l'aide humanitaire, Gaza-ville, le 3 avril 2024. Photo: Dawoud Abu Alkas / ReutersUn Palestinien blessé en tentant de récupérer de l'aide humanitaire, Gaza-ville, le 3 avril 2024. Photo: Dawoud Abu Alkas / Reuters

En réaction, Israël a bien promis d’ouvrir deux autres points de passage pour l’aide humanitaire, mais “on est encore bien loin… de ce que la situation exige”, ajoute Miloud Chennoufi, puisqu’il n’est ni question de cessez-le-feu, ni de laisser le personnel médical entrer pour soigner les milliers de blessés.

Les dirigeants israéliens “sont rodés à résister à la pression internationale”, lance Agnès Vahramian. Dimanche, Israël confirmait le retrait d’une partie de ses troupes du Sud de la bande de Gaza, sans établir de lien avec la pression internationale ni renoncer à un éventuel assaut contre la ville de Rafah.

Hommage aux 7 travailleurs de WCK, à Przemysl en Pologne le 4 avril 2024. Photo: Patryk Ogorzalek/ Agencja Wyborcza, via ReutersHommage aux 7 travailleurs de WCK, à Przemysl en Pologne le 4 avril 2024. Photo: Patryk Ogorzalek/ Agencja Wyborcza, via Reuters

On perd une partie de notre humanité”, déplore Sylvie Labrecque la mère d’un Québécois figurant parmi les 7 travailleurs de World Central Kitchen tués à Gaza en début de semaine.

Une autre frappe aérienne a provoqué toute une série de réactions inquiétantes. L’Iran attribue à Israël l’assassinat lundi de quelques-uns de ses haut-gradés, réfugié dans un bâtiment diplomatique en Syrie. Didier Billon y voit “une logique visiblement assumée de vouloir élargir le conflit” dans l’espoir de conserver l’appui américain. Washington et Jérusalem sont sur le qui-vive en attendant une riposte iranienne.

En bref

Karine Mateu rencontre une survivante du génocide des Tutsis au Rwanda. Elle avait 8 ans lors du drame, survenu en 1994. Installée au Québec, elle évoque « des moments figés dans nos pensées. »

Gulliver Cragg décrit l’humeur des Ukrainiens, alors que l’âge de la conscription vient d’être abaissé, qu’un nombre de plus en plus élevé souhaite une négociation avec la Russie, qui continue son offensive.

Frédéric Arnould s’intéresse aux Afro-américaines qui se découvrent un intérêt pour les armes à feu. C’est en partie pour le plaisir, mais surtout pour des questions de sécurité personnelle.

Mathilde Warda dresse un bilan des élections municipales en Turquie, peu favorables au parti du président Erdogan. Les maires d’Istanbul et d’Ankara semblent se vouloir le défier aux présidentielles de … 2028.

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Sans frontières ni passeports

Par Yanik Dumont Baron

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