Sans frontières ni passeports

Quelques clés bien sonores pour mieux comprendre ce qui bouscule l'actualité internationale.

Sans frontières ni passeports
3 min ⋅ 26/08/2023

Un défi économique à l’Occident?

Le nombre des pays émergents réunis sous l’acronyme BRICS doublera. Au terme d’une longue réunion, les nations fondatrices (Brésil, Russie, Inde, Chine, puis Afrique du Sud) ont décidé d’accueillir 6 autres membres (Argentine, Egypte, Éthiopie, Iran, Arabie saoudite et les Émirats arabes unis) en janvier 2024.

C’est devenu une espèce d’anti G7”, observe François Brousseau. Le groupe de nations hétéroclites (des dictatures, des démocraties et des adversaires régionaux) espèrent affaiblir l’influence occidentale, lire américaine, sur les affaires du monde. Le groupe espère notamment tendre la main aux pays émergents.Les représentants du Brésil, de la Chine, de l'Afrique du sud, de l'Inde et de la Russie, réunis lors d'un sommet des BRICS à Johannesburg. Photo: Gianluigi Guercia, ReutersLes représentants du Brésil, de la Chine, de l'Afrique du sud, de l'Inde et de la Russie, réunis lors d'un sommet des BRICS à Johannesburg. Photo: Gianluigi Guercia, Reuters

Sous sa forme élargie, les BRICS représenteront presque la moitié de la population mondiale (46%, selon les calculs de cet organisme) et plus de 40% de la production pétrolière globale. La Chine semble se positionner en leader du groupe, mais l’élargissement du bloc dilue théoriquement son poids.

Le groupe s’est déjà doté d’une banque d’investissement qui rivalisera avec le FMI et la Banque mondiale (des institutions fortement influencées par l’Occident); la Chine espère que l’énergie sera transigée en yuan. Certains pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, ont déjà adopté cette pratique.

Ensemble, les BRICS espèrent affaiblir la dominance du dollar dans les transactions internationales. L’idée d’une monnaie commune au bloc revient à l’occasion, mais il ne faut pas oublier que “ça a pris plus de 30 ans pour l’euro”, souligne Julien Vercueil, de l’Institut national des langues et civilisations orientales.

L’important héritage d’un présumé mort

Le mystère demeure entier sur le sort d’Evgueni Prigojine, le chef du groupe de mercenaire Wagner. Aucune preuve formelle de son décès n’est apparue depuis l’écrasement du jet privé à bord duquel lui et son bras droit, Dmitry Outkine, prenaient supposément place. “Les corps sont en très mauvais état”, révèle Julian Colling, de France 24. Les agences occidentales du renseignement les considèrent morts.

L’écrasement de l’avion semble marquer la fin de la vie publique du mercenaire dont les vidéos, souvent sanglantes et cinglantes, ont ponctué l’invasion à grande échelle de l’Ukraine dans la dernière année. Le sort du groupe Wagner et de ses violentes activités en Afrique (Mali, RCA) demeurent aussi en suspend.

La tentative de mutinerie menées par ses troupes il y a deux mois (rappelez-vous de la marche vers Moscou qui s’est terminée aussi abruptement qu’elle avait commencée) semble avoir signalé la fin de l’état de grâce du personnage à la fois charismatique et controversé. Cette disparition “montre à tous que ceux qui voulaient renverser Poutine qu’il n’est pas fini”, croit Sergeï Jirnov, un ancien espion du KGB.

La massue que porte cette statuette de soldat est devenu un symbole de la cruauté des mercenaires du groupe Wagner. Photo Anastasia Barashkova, ReutersLa massue que porte cette statuette de soldat est devenu un symbole de la cruauté des mercenaires du groupe Wagner. Photo Anastasia Barashkova, Reuters

L’annonce de la disparition d’Evgueni Prigojine a suscité une vague de sympathie en Russie. Ce qui ne surprend pas Sylvain Tronchet, l’envoyé de Radio-France à Moscou. L’homme était devenu “personnage incontournable” dans une Russie en guerre. La nouvelle a cependant été accueillie avec un enthousiasme modéré en Ukraine, explique Rémy Ourdain, un confrère du quotidien Le Monde, puisqu’une “sensation que la guerre peut être très longue” flotte sur le pays.


En bref

Prouesse technologique pour l’Inde, dont l’un des engins a réussi à se poser sur le pôle Sud de la lune, un terrain très accidenté, donc complexe à naviguer, explique l’astrophysicien Robert Lamontagne.

Les gardes frontaliers de l’Arabie saoudite sont accusés d’avoir massacré des centaines de migrants voulant entrer depuis le Yémen. François Brousseau détaille les allégations de Human Rights Watch.

Les feux de forêts ne touchent pas que le Canada cet été… et ils sont “une sérieuse mise en garde contre les dangers des changements climatiques”, lance Robert Vautard, co-président d’un groupe du GIEC.

Manon Globensky nous emmène sur le terrain des Falcons d’Atlanta, où évolue maintenant la recrue québécoise Matthew Bergeron, originaire de Victoriaville. Un de ses défis sera l’adaptation à la chaleur locale.

Une première pour Radio-Canada, qui ouvre un bureau à Istanbul en Turquie. “C’est un pays qui nous permet de faire le pont entre deux régions”, explique la cheffe de bureau Marie-Eve Bédard, évoquant l’Occident et l’Orient.

Nous voulons en savoir plus

Les manifestations en Syrie signalent-elles un nouveau défi pour le dictateur Bachar el Assad?

La guerre et la faim menacent-elle de détruire le Soudan, comme le craint l’ONU?

L’économie de la Chine est-elle sur le point de s’effondrer?

Quel rôle l’Iran compte-t-il jouer dans le conflit en Ukraine?

Est-ce la fin des « McMansions » américaines ?

Combien d’argent Donald Trump fera-t-il en médiatisant sa fameuse “mug shot”?

Sans frontières ni passeports

Par Yanik Dumont Baron

Les derniers articles publiés